De Deschambault à Altamont : de la rue à la route
Année :
2006
Auteur(s) et collaborateur(s) :
Volume et numéro :
, 18
Collection :
, 1
Revue :
, Cahiers franco-canadiens de l'Ouest
Pages :
, 19-30
ISSN :
0843-9559
DOI :
10.7202/018869ar
Résumé
En 1955, Gabrielle Roy a écrit Rue Deschambault, texte autobiographique sur sa jeunesse à Saint-Boniface. En 1966, elle revient sur la même matière dans La route d’Altamont. Pourquoi en a-t-elle senti le besoin? La différence entre les deux textes a été remarquée par la plupart des critiques : La route d’Altamont est plus profond, plus poétique et plus philosophique que Rue Deschambault. Qu’est-ce qui pourrait être à la source de ce changement? Inspirée de Proust, Roy aurait découvert comme lui que le chagrin met en branle les forces de l’esprit. Or, la grande déception qui a secoué Roy entre 1955 et 1966 fut sans doute la découverte de l’homosexualité de son mari, Marcel Carbotte. Incapable d’écrire ni même de mentionner dans ses lettres sa douloureuse désillusion, Roy aurait inscrit en filigrane le deuil de l’amour dans La route d’Altamont, tout imprégné du signe de la perte. Chacune des quatre nouvelles évoque la perte, par exemple « Le vieillard et l’enfant » qui fait écho au poème de Lamartine, « Le lac ». La rue et la route ne sont pas une simple opposition binaire : l’aiguisement du regard grâce au deuil amoureux transforme la rue en route.
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