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La traduction officielle au Nouveau-Brunswick : sa place et son rôle

Written by Louis-Patrick St-Pierre :: [Thursday, 21 October 1999 16:10] Last updated by Kaitie Babin :: [Tuesday, 18 August 2020 17:37]
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Year: 1999 Authors and Collaborators Dubois, Lise; Theme New Brunswick
Translation
City: , Québec Publishing Company: , Université Laval Abstract
Cette thèse sur la traduction officielle au Nouveau-Brunswick se situe au croisement de deux disciplines, la sociolinguistique et la traductologie, et s'articule autour de trois axes: la traduction comme mesure d'aménagement linguistique dans un régime de bilinguisme institutionnel; la traduction officielle et les attitudes et représentations de la société traduisante; la place de la variété traduite dans le continuum des variétés du français en usage dans l'Acadie du Nouveau-Brunswick. L'examen de la place que la traduction officielle occupe dans le bilinguisme institutionnel, régi par la 'Loi sur les langues officielles ' (1969) et la Politique linguistique (1988) de cette province, révèle que c'est la traduction qui donne au français presque toute sa place au sein de la Fonction publique provinciale: elle lui assure sa visibilité et, par conséquent, sa vitalité. Ainsi, la traduction a permis au français de s'insérer dans des domaines où il ne se pratiquerait pas autrement, élément indispensable pour que la société traduisante devienne société expressive. L'examen, par le biais de la traduction officielle, des attitudes et représentations linguistiques de la société traduisante vérifie ce qu'ont révélé de nombreuses études sur les sociétés minoritaires: les locuteurs de communautés périphériques partagent un trait commun qui est le tiraillement, plus ou moins prononcé selon la communauté, entre l'attachement à leur langue maternelle et la croyance qu'ils ne la possèdent pas. Les rapports ambivalents qu'entretiennent les Acadiennes et Acadiens avec le français, tant le "standard" que les variétés régionales, sont mis en évidence dans cette thèse. De plus, il est postulé que ces sentiments d'ambivalence participent d'un ensemble de représentations qui, dans une certaine mesure, maintiennent l'inégalité des deux langues officielles en contact sur le territoire néo-brunswickois. Enfin, une enquête menée auprès de deux groupes distincts de locuteurs de langue française permet d'illustrer que la traduction officielle est un lieu de conflit où s'affrontent deux perceptions différentes de la norme à appliquer dans les communications institutionnalisées. Ce conflit s'actualise entre deux groupes de locuteurs francophones, des traducteurs d'une part et des non-traducteurs d'autre part, deux groupes dont les allégeances à une norme diffèrent.