Star InactiveStar InactiveStar InactiveStar InactiveStar Inactive
 

« Le français au Canada, entre droits et géographie »

Written by Louis-Patrick St-Pierre :: [Sunday, 28 October 2001 09:13] Last updated by Josée Guignard Noel :: [Wednesday, 28 October 2015 11:44]
Average rating
Click to subscribe
Year: 2001 Authors and Collaborators
  • ; Gilbert, Anne
  • Research Themes Accessibility of services
    Language Management
    Bilingualism
    Canada
    Right
    Education
    Francophones
    Francophones Outside Quebec
    Geography – Mapping
    Volume and number: , 45 (1) Journal: , The Canadian Geographer / Le Géographe Canadien Pages : , 173-179 Abstract [Selon] la même logique, je suis convaincue qu'il faille assurer aux communautés francophones et acadiennes du reste du Canada les moyens de leur développement. Ce qui inclut des droits constitutionnels à l'éducation post-secondaire et à la formation professionnelle, comme le revendiquent une majorité de leaders. Ce qui inclut aussi des droits dans le domaine de la santé et des services sociaux devenus, à la faveur du vieillissement particulièrement marqué de la population francophone du pays, un des principaux enjeux de la lutte pour la sauvegarde du français(16). Les attentes des organismes de défense du français au Canada sont sur cette question d'autant plus grandes que l'élargissement des droits du français hors du Québec et leur actualisation via les mesures administratives appropriées sont loin d'être incompatibles avec les grandes orientations des gouvernements provinciaux ou locaux, comme le souligne avec force Dyane Adam. En dotant les communautés francophones des assises législatives leur permettant de poursuivre leur développement éducatif, économique, social et culturel, on augmente leur vitalité, pour le plus grand bénéfice des sociétés plus larges auxquelles elles appartiennent. Mais de nombreux Canadiens et Canadiennes n'en hésitent pas moins à souscrire à une telle approche, qui implique qu'on revisite le principe de base sur lequel est fonde le modèle d'aménagement linguistique, axe jusqu'ici sur l'individu plutôt que sur la communauté à laquelle il appartient et sur le soutien aux institutions dont elle s'est dotée localement pour soutenir son développement. Ou dit autrement, qui implique qu'on adopte une définition plus territoriale des droits linguistiques, celle-là même qu'on a rejeté du revers de la main au moment de la mise en œuvre de la Loi sur les langues officielles au début des années 1970, malgré le fait que d'éminents géographes, parmi lesquels Don Cartwright et Colin Williams (1982), en avaient souligne les avantages. - Au cours de la période qui a suivi la publication des premiers volumes du rapport de la Commission royale sur le bilinguisme et le biculturalisme(7), mise sur pied pour «recommander les mesures à prendre pour que la Confédération canadienne puisse se développer sur la base d'une association à part entière entre les deux races qui l'ont fondée» (CRBB, 1967, p. xxi), on a d'abord donné la priorité au droit à des services publics en français ou en anglais dans les institutions fédérales, et a l'accès à ces services; à la participation équitable des Canadiennes et Canadiens des deux groupes linguistiques a l'administration fédérale et a leurs chances égales d'obtenir un emploi et de faire carrière au sein des institutions fédérales; et a leur possibilité de travailler dans la langue officielle de leur choix. Ainsi la Loi sur les langues officielles adoptée en 1969 avait-elle comme objectif d'assurer à tous les citoyens et résidents du Canada le droit de communiquer avec le gouvernement fédéral et d'en recevoir des services dans la langue de leur choix. De ce droit émanait l'obligation pour ce dernier de prendre les dispositions nécessaires pour offrir le service au sein de ses institutions. Les services auraient pu être livrés et les droits accordés sur une base territoriale, i.e. en fonction de la concentration du groupe francophone, et de son importance relative dans certaines régions du pays(8). On a plutôt choisi d'assurer les services sur une base institutionnelle, en privilégient le bilinguisme des institutions fédérales, partout au pays. Un concept de toute évidence impossible à appliquer, qui a suscité l'obligation d'assortir au bilinguisme institutionnel une clause voulant qu'il s'applique la où il existe une demande suffisante en ce sens. La géographie imposait imperceptiblement sa loi, ce qui a réduit considérablement la portée de la Loi. Sa mise en vigueur a donné lieu à d'énormes cafouillages de la part du gouvernement, qui s'est trouvé dans l'impasse quand il a fallu définir cette demande suffisante(9)... Avec comme effet d'attiser plutôt que de calmer l'opposition à la Loi, dans des régions du pays moins identifiées à la minorité francophone.